Raymond Depardon
Le photographe et documentariste Raymond Depardon expose à la Bibliothèque François Mitterrand à Paris une sélection de clichés pris pendant 5 ans, lors d’un « Tour de France des sous préfectures » - Septembre 2010 10/09/2010
Biographie

Le photographe et cinéaste Raymond Depardon est né le 6 juillet 1942 à Villefranche-sur-Saône. Ce fils de paysan, qui a pris ses premières photos à l’âge de 12 ans, quitte la ferme familiale du Garet en Haute-Loire, en 1958, pour devenir l’apprenti, puis l’assistant, du photographe Louis Foucherand à Paris. Il devient par la suite pigiste-reporter pour l’agence de photo Dalmas (1960). La publication d’un reportage sur l’Algérie dans Paris-Match, lui permet de passer du statut de pigiste à celui de reporter salarié.
En 1967, il fonde avec Gilles Caron, photoreporter mythique de la fin des années 60, sa propre agence : Gamma. Au cours de ces années, il sillonne le monde (Venezuela, Israël, Biafra, Tchad…). En avril 1970, la disparition de Caron au Cambodge le bouleverse et il abandonne, pour un temps, les grands espaces. Il se consacre, entre autres, à un film documentaire sur la campagne électorale de Valéry Giscard d’Estaing de 1974 (1974, une partie de campagne qui ne sera diffusé qu’en 2002.) A partir de 1978, il devient un des piliers de l’agence Magnum.
Auteur de nombreux films documentaires (dont Reporters (1981), Afriques, comment ça va avec la douleur ? (1996), 10è Chambre (2004), et la trilogie Profils paysans (2001, 2005 et 2008)), il signe également plus d’une trentaine de livres de photographie (dont Notes (1979), Correspondance new-yorkaise – Les Absences du photographe (1981), ou La Ferme du Garet (1995)). En 1989, il réalise un film de fiction, La Captive du Désert, avec Sandrine Bonnaire dans le rôle de Françoise Claustre, une Française qui fût otage de révolutionnaires tchadiens.
Son origine paysanne explique sa fascination et un certain refus de la ville, ainsi que son positionnement du côté des humbles, de ceux qu’on regarde de haut, ou de ceux qu’on ne regarde même pas. Sa volonté de photographier des temps morts, sans aucune mise en scène et en respectant une certaine authenticité, le rapproche de l’école américaine (Walker Evans, Robert Frank). Son œuvre reflète bien sa volonté de porter un regard sur l’autre, toujours préservé de curiosité touristique.
En octobre 2010, l’exposition « La France de Depardon », offre une compilation de ses périples hexagonaux. En effet, pendant près de 5 ans, il sillonne la France et prend quelques 7000 photos. Trente-six de ces photos ont bénéficié d’un tirage grand format afin d’être exposées à la BNF. Ces clichés révèlent une France des ronds-points, des bars-tabacs et des logements sociaux que nous avons en permanence sous les yeux et que nous ne voyons pas vraiment.













